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Bonjour à tous,
Le Général Henri Guisan : le stratège qui prépara la Suisse à résister !!!
Le général Henri Guisan demeure l’une des figures les plus importantes de l’histoire militaire suisse. Élu général par l’Assemblée fédérale le 30 août 1939, il devient le commandant en chef de l’Armée suisse. Lorsque la Seconde Guerre mondiale éclate, la Suisse doit défendre son indépendance et sa neutralité. Guisan comprend rapidement que le pays ne peut pas rivaliser directement avec les grandes puissances militaires européennes. Il doit donc utiliser intelligemment les forces particulières de la Suisse : son armée de milice, ses montagnes et ses infrastructures. Son objectif est de rendre une invasion extrêmement difficile, longue et coûteuse pour n’importe quel adversaire. À cette défense militaire viennent également s’ajouter la diplomatie, l’économie et l’importance financière de la Suisse. La protection du pays repose ainsi sur plusieurs éléments complémentaires et pas uniquement sur la puissance des armes.
En juin 1940, la situation devient particulièrement dangereuse après la défaite militaire de la France. La Suisse se retrouve alors largement encerclée par l’Allemagne nazie, l’Italie fasciste et les territoires contrôlés par l’Axe. Guisan sait que l’Armée suisse ne dispose pas des mêmes chars, avions et moyens militaires que la Wehrmacht. Défendre exclusivement le Plateau suisse contre une attaque massive aurait donc présenté des risques considérables. Il décide alors d’adapter profondément la stratégie militaire aux caractéristiques géographiques du territoire suisse. Les montagnes deviennent un élément essentiel de la défense, car elles permettent de réduire l’avantage d’une armée mécanisée. La Suisse doit pouvoir continuer à combattre même si une partie importante de son territoire venait à être occupée. C’est dans cette situation extrêmement difficile que la stratégie du Réduit national prend toute son importance.
Le Réduit national consiste à concentrer une partie importante des forces dans les Alpes et les Préalpes. Cette stratégie s’appuie notamment sur les grandes fortifications de Saint-Maurice, du Saint-Gothard et de Sargans. Les accès aux régions alpines sont protégés par des fortifications, des obstacles et des positions militaires préparées. En cas d’invasion, l’adversaire aurait ainsi dû progresser dans un environnement particulièrement favorable aux défenseurs. Les passages alpins et les importantes voies de communication entre le nord et le sud de l’Europe deviennent stratégiques. La Suisse pouvait menacer de rendre ces infrastructures inutilisables si une puissance étrangère tentait de s’en emparer. Le but n’était donc pas nécessairement de vaincre une grande puissance dans une guerre classique sur le Plateau. Il fallait surtout convaincre l’adversaire que conquérir et contrôler la Suisse lui coûterait extrêmement cher.
Le savoir-faire de Guisan apparaît également dans sa capacité à maintenir la détermination de l’armée et de la population. Le 25 juillet 1940, il réunit ses principaux commandants sur la prairie historique du Grütli. Ce Rapport du Grütli devient l’un des événements symboliques les plus célèbres de la Suisse pendant la guerre. Guisan veut montrer que l’Armée suisse conserve sa volonté de défendre le territoire malgré la puissance de ses voisins. Il cherche à combattre la peur, le découragement et l’idée selon laquelle toute résistance serait devenue inutile. Son commandement ne repose donc pas uniquement sur des fortifications, des soldats, des canons et des montagnes. Il comprend également l’importance du moral, de la cohésion nationale et de la volonté collective de résistance. Cette capacité à donner confiance contribue fortement à l’immense popularité dont il bénéficie auprès de la population.
Mais la protection de la Suisse pendant la guerre ne peut pas être attribuée au seul Réduit national. La neutralité, la diplomatie, l’économie, les industries et la position géographique du pays jouent également un rôle important. La Suisse se trouve au centre de l’Europe et contrôle plusieurs voies de communication stratégiques à travers les Alpes. Elle possède également une économie développée et une place financière qui conserve une importance internationale. Dans une Europe en guerre, ces caractéristiques donnent au petit État suisse une valeur particulière pour les belligérants. Les historiens ont ainsi étudié les dimensions militaires, économiques et financières de la dissuasion suisse. Certains insistent davantage sur le Réduit, tandis que d’autres soulignent l’importance des relations économiques et monétaires. Il est donc plus juste de considérer la survie de la Suisse comme le résultat de plusieurs facteurs combinés.
Les banques et la place financière suisse constituent justement une partie complexe de cette histoire. La Banque nationale suisse cherche pendant la guerre à préserver la confiance dans le franc et la stabilité économique du pays. La Suisse doit continuer à importer des marchandises indispensables malgré son encerclement et les difficultés commerciales. Les autorités cherchent également à combattre le renchérissement et à encourager la production nationale. Les échanges financiers internationaux contribuent ainsi au fonctionnement d’une économie suisse placée dans une situation exceptionnelle. Cette dimension économique peut également avoir donné à la Suisse une certaine utilité aux yeux des puissances étrangères. Mais il serait historiquement incorrect d’affirmer que Guisan dirigeait personnellement les banques ou leur politique monétaire. La défense militaire de Guisan et la politique financière des institutions suisses appartenaient à des domaines distincts.
Il faut également reconnaître que le rôle des banques suisses pendant la guerre comporte des aspects très controversés. La Banque nationale suisse a notamment effectué d’importantes opérations sur l’or avec les Alliés et les puissances de l’Axe. Entre 1939 et 1945, elle acquiert notamment de grandes quantités d’or provenant de la Reichsbank allemande. Après la guerre, la provenance d’une partie de cet or et la responsabilité des institutions financières font l’objet d’importants débats. La Banque nationale elle-même reconnaît que la provenance de l’or allemand devenait toujours plus douteuse pendant le conflit. Ces faits empêchent de présenter les banques simplement comme une arme patriotique imaginée par Guisan pour protéger la Suisse. Le système financier a contribué au maintien de l’économie suisse, mais son rôle historique comporte également des zones très problématiques. Comprendre cette période exige donc de distinguer la stratégie militaire de Guisan des décisions économiques et bancaires.
La force de la stratégie de Guisan réside surtout dans une conception réaliste de la défense d’un petit pays. La Suisse ne pouvait pas espérer disposer d’une puissance militaire comparable à celle de l’Allemagne, de la France ou de l’Italie. Elle pouvait cependant exploiter son terrain montagneux, préparer ses soldats et fortifier les passages les plus importants. Elle pouvait également maintenir des troupes aux frontières et défendre les principaux axes permettant de pénétrer dans le pays. Plus profondément, les forces installées dans les Alpes devaient pouvoir poursuivre la résistance dans le Réduit national. Cette défense en profondeur obligeait ainsi un éventuel envahisseur à prendre en considération plusieurs niveaux de résistance. Les destructions préparées sur certains axes stratégiques renforçaient encore le coût potentiel d’une occupation du territoire. Guisan cherchait ainsi à transformer les faiblesses d’un petit pays en avantages défensifs aussi crédibles que possible.
Il serait toutefois exagéré d’affirmer que le Réduit national et Guisan expliquent à eux seuls pourquoi Hitler n’envahit jamais la Suisse. Les historiens continuent de discuter de l’importance exacte des différents facteurs qui ont protégé le pays pendant la guerre. Des projets allemands d’attaque contre la Suisse existaient, mais leurs intentions réelles et leur priorité ont varié selon les périodes. La géographie alpine, les fortifications, l’armée mobilisée et la détermination suisse rendaient certainement une invasion plus difficile. Les intérêts économiques, les voies de transit, la neutralité et l’évolution générale de la guerre ont également compté. À partir de l’invasion de l’Union soviétique, l’Allemagne doit par ailleurs consacrer d’immenses ressources à d’autres fronts. La sécurité suisse résulte donc d’un ensemble complexe de considérations militaires, politiques, géographiques et économiques. Le mérite de Guisan fut de rendre la résistance suisse suffisamment sérieuse pour faire partie de cette équation stratégique.
Le général Henri Guisan reste finalement le symbole d’une Suisse décidée à préserver son indépendance dans une Europe en guerre. Son intelligence stratégique fut de comprendre que la défense du pays devait être adaptée à ses moyens et à sa géographie. Avec le Réduit national, il transforma les Alpes en cœur d’une stratégie destinée à prolonger et durcir toute résistance. Avec le Rapport du Grütli, il contribua également à renforcer la confiance et la détermination d’une population entourée de menaces. Parallèlement, l’économie, les industries, les banques, la diplomatie et la neutralité participèrent à la survie du pays. Ces différents éléments ne dépendaient pas tous de Guisan, mais ils contribuèrent ensemble à la position particulière de la Suisse. Son héritage demeure ainsi celui d’un chef militaire ayant su exploiter les caractéristiques particulières de son pays pour mieux le défendre. Le Réduit national reste aujourd’hui encore l’un des plus puissants symboles de cette volonté suisse de résistance et d’indépendance.
Je vous remercie pour les choses les plus précieuses en ce bas monde que vous m’avez accordées, c’est-à-dire votre temps et votre attention. Je vous souhaite à tous une bonne journée et à bientôt.
Cordialement, un ancien Grenadier.
Semper Fidelis