




C’est quoi la Légion Étrangère ?
La Légion étrangère est un corps de l’Armée de terre française disposant d’un commandement particulier et comportant plusieurs subdivisions d’arme : infanterie, cavalerie, génie et troupes aéroportées. La Légion est également indépendante du point de vue de son recrutement1.
Créée en 1831 pour permettre l’incorporation de soldats étrangers dans l’Armée française2, jusqu’à la fin de la guerre d’Algérie en 1962, elle fait partie du 19e corps d’armée, communément appelée sous le vocable d’armée d’Afrique3,4,5. On peut dire qu’elle est en quelque sorte récréée car elle hérite des traditions de l »ancienne Légion » : il existait une Légion italique, une Légion des Francs du Nord, une Légion polonaise, une Légion portugaise et une Légion irlandaise. En 1805, des unités étrangères hétérogènes désormais seront créées : le régiment de la Tour d’Auvergne, le régiment d’Isembourg, le régiment de Prusse et le bataillon d’Irlande. Elles deviendront, en 1811, les quatre premiers régiments étrangers. Pendant les Cent-Jours, leur nombre sera doublé. En 1815, ces huit régiments étrangers de la Grande Armée formeront par ordonnance royale la Légion royale Étrangère. Puis au gré de son démembrement, en 1818, la Légion royale devient la Légion de Hohenhole avant de décliner en 1821 pour devenir le régiment de Hohenhole du nom de son chef, le prince Louis Aloy d’Hohenhole-Waldenburg-Bartenstein, un maréchal français de nationalité autrichienne. Ce régiment est dissous le 5 janvier 1831 mais le 10 mars de la même année une nouvelle ordonnance royale fait ressusciter de ses cendres la Légion Étrangère pour armer l’Armée d’Afrique déployée en Algérie6.
L’engagement à la Légion est réservé aux hommes dont l’âge est compris entre 17 et 39,5 ans7 (dérogation possible) et a compté depuis sa création et jusqu’en 1963 plus de 600 000 soldats dont une majorité d’Allemands, suivi de trois fois et demie moins d’Italiens, puis de Belges, mais aussi de Français, d’Espagnols et de Suisses. De nombreuses autres nationalités sont représentées, comme les ressortissants des pays d’Europe de l’Est et des Balkans, majoritaires dans les années 2000. De nos jours, c’est le prestige de ce corps d’élite qui suscite leur candidature à l’engagement. Cet attrait et, dans le passé, les soubresauts historiques (conflits mondiaux, crises économiques ou politiques), ont contribué à un recrutement plus spécifique : Espagnols à l’issue de la guerre d’Espagne, Allemands après 1945, Hongrois en 1956.
Les légionnaires, surnommés également les képis blancs, de la couleur de leur coiffe, blanchie sous le soleil, ont acquis leur notoriété lors des combats menés sur les champs de bataille du monde entier, notamment dans le cadre des conquêtes coloniales, des deux guerres mondiales, et des guerres d’Indochine et d’Algérie. La Légion est une unité combattante qui intervient partout dans le monde. Si sa principale mission est le combat, elle participe également à des missions civilo-militaires de protection des populations, de maintien de la paix ou de coopérations au profit des gouvernements étrangers liés à la France par des accords.
Les traditions à la Légion étrangère constituent un ciment pour ce corps qui se traduisent à travers les détails vestimentaires, les emblèmes et symboles spécifiques, les chants et musiques, et enfin par ses fêtes particulières. Son image auprès du grand public et des artistes est à l’origine de nombreuses œuvres dans tous les domaines : musique, cinéma, peinture, sculpture et littérature. Le code d’honneur du légionnaire dicte la conduite de ces hommes au quotidien, en temps de guerre comme en temps de paix.
Centre d’Aguerrissement Commando du #1REC
Le #1REC dispose d’un tout nouveau centre d’aguerrissement commando pour ses légionnaires, à Mont-Rose prés de Marseille.Un outil idéal pour les préparer à toutes les situations qu’ils pourront rencontrer en mission.
Stage commando légionnaires
Retour en images sur le nouveau centre d’aguerrissement commando du #1REC
Kolwezi 1978 – 2REP
En Mai 78, dans l’actuelle République démocratique du Congo, le 2e REP participe à l’opération « Bonite » visant à libérer des otages africains et européens pris par des rebelles katangais.Retrouvez les images d’époque de cette épopée ou la Légion étrangère fut…
Hommage aux combattants de Camerone
Au Mexique 🇲🇽, 83 cadres et légionnaires ont participé à la fête nationale mexicaine du #16Septiembre 2021.Avant le jour J, ils se sont rendus à #camerondetejeda pour un hommage aux légionnaires tombés le 30 avril 1863 lors de fameuse bataille de #Camerone
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Retour en Image sur le déplacement de la Légion étrangère au Mexique et sa participation au défilé militaire de la fête nationale.
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Dans cette épisode, entrainement aux traction pour les débutants. Major Gérald vous donne des conseils et des technique d’entrainement.
XV de France à la Légion étrangère
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Conflit en Ukraine :Adresse du général Alain LARDET commandant la Légion étrangère à ses légionnaires et à leur famille.
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C’était #TopChef avant l’heure au 4e Régiment étranger !Le chef #ThierryMarx nous a fait l’honneur de venir coacher nos cuisiniers.Merci pour ces précieux conseils !
Grand témoin : Le capitaine (r) ESTOUP
Témoignage du capitaine en retraite Estoup, porteur de la main du capitaine Danjou à la prochaine cérémonie de Camerone 2022.
Le « Dolo énorme » 2022 parrainé par le #MajorGérald
Le 20 avril, les officiers-élèves de l’EMIA Soixante Promotion général Éblé lancent un défi à toutes les formations de l’Armée de Terre, en présence du parrain de l’évènement : le #MajorGérald
Camerone 2022
Retour en images de la cérémonie de Camerone 2022 qui s’est déroulée au quartier Vienot le 30 avril 2022, réalisée par la Division Rayonnement et Patrimoine de la Légion étrangère.
Compagnie d’instruction des spécialistes du #4RE
La 5e compagnie d’instruction des spécialistes du 4e Régiment étranger forme chaque année plus de 2000 légionnaires dans 15 spécialités.Elle forme tous les spécialistes de la #LegionEtrangere.
Stage aguerrissement commando Légion étrangère CIAC
Premier stage inter-Légion au centre d’instruction et d’aguerrissement commando (CIAC) du 1er Régiment étranger de cavalerie.
| Légion étrangère | |
Grenade à sept flammes, emblème de la légion étrangère. |
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| Création | 10 mars 1831 |
|---|---|
| Pays | |
| Branche | Armée de terre française |
| Rôle | Troupe d’assaut |
| Effectif | 9 000 [1] |
| Couleurs | Vert et rouge |
| Nommée en l’honneur de | Légion (d) et étranger |
| Devise |
Legio Patria Nostra (la Légion est notre patrie) More Majorum (comme nos anciens) |
| Marche | Le Boudin |
| Guerres | Guerre de Crimée Conquête de l’Algérie par la France Expédition du Mexique Guerre de 1870 Première Guerre mondiale Campagne du Levant Campagne du Maroc Seconde Guerre mondiale Guerre d’Indochine Guerre d’Algérie Guerre du Golfe Guerre d’Afghanistan (2001) Opération Licorne (2002-2009) Guerre du Mali (2012-2013) Opération Serval (2013-2014) Opération Barkhane (2014-2022) |
| Batailles | Camerone Siège de Constantine (1837) Magenta Solférino Malakoff Siège de Tuyên Quang Narvik Bir Hakeim Diên Biên Phu Kolwezi |
| Fourragères | Par régiment |
| Décorations | Par régiment ou par petites unités |
| Commandant | Général de brigade Cyrille Youchtchenko |
| modifier |
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La Légion étrangère est une troupe d’assaut, une force combattante de l’Armée de terre française disposant d’un commandement particulier et présente en tant que subdivision d’arme au sein des armes de l’infanterie, de la cavalerie, du génie et des troupes aéroportées. Elle est indépendante du point de vue de son recrutement.
La Légion étrangère a été créé le par le roi Louis-Philippe Ier, pour être employée en Algérie. Elle devait permettre d’incorporer des soldats étrangers dans l’Armée française. Elle fait partie du 19e corps d’armée, appelée « armée d’Afrique ».
Elle hérite des traditions des anciennes Légions : Légion italique, Légion des Francs du Nord, Légions polonaises, Légion portugaise et Légion irlandaise. En 1805, des unités étrangères hétérogènes sont créées : le régiment de la Tour d’Auvergne, le régiment d’Isembourg, le régiment de Prusse et le bataillon d’Irlande. Ils deviendront, en 1811, les quatre premiers régiments étrangers. Pendant les Cent-Jours, leur nombre sera doublé. En 1815, ces huit régiments étrangers de la Grande Armée formeront par ordonnance royale la Légion royale étrangère. En 1818, la Légion royale est démembrée, et devient la Légion d’Hohenlohe, décline en 1821 pour devenir le régiment d’Hohenlohe, du nom de son chef, le prince Louis Aloÿs de Hohenlohe-Waldenbourg-Bartenstein, un maréchal français de nationalité autrichienne. Ce régiment est dissous le . Le de la même année, une ordonnance royale recrée la Légion étrangère pour armer l’Armée d’Afrique déployée en Algérie.
L’engagement dans la Légion est réservé aux personnes (en pratique aux hommes) dont l’âge est compris entre 17,5 et 39,5 ans (une dérogation est possible). Elle a compté, depuis sa création jusqu’en 1963, plus de 600 000 soldats : une majorité d’Allemands, suivis de trois fois et demie moins d’Italiens, puis de Belges, mais aussi de Français, d’Espagnols et de Suisses. De nombreuses nationalités sont représentées : les ressortissants des pays d’Europe de l’Est et des Balkans sont majoritaires dans les années 2000. Le prestige de ce corps suscite l’engagement. Les conflits mondiaux, crises économiques ou politiques ont contribué, dans le passé, à un recrutement spécifique : Espagnols à l’issue de la guerre d’Espagne, Allemands après 1945, Hongrois en 1956.
Les légionnaires, surnommés également les képis blancs, de la couleur de leur coiffe, ont acquis leur notoriété sur les champs de bataille : conquêtes coloniales, les deux guerres mondiales, et les guerres d’Indochine et d’Algérie. La Légion est une unité combattante ; sa principale mission est le combat, mais elle peut participer à des missions de protection des populations, de maintien de la paix, ou de coopérations au profit des gouvernements étrangers, liés à la France.
Les traditions à la Légion étrangère constituent un ciment qui se traduisent par les détails vestimentaires, les emblèmes et symboles spécifiques, les chants et musiques, et par ses fêtes particulières. Son image auprès du grand public et des artistes est à l’origine de nombreuses œuvres en musique, cinéma, peinture, sculpture et littérature. Le code d’honneur du légionnaire dicte la conduite de ces hommes au quotidien, en temps de guerre comme en temps de paix.
Histoire
Création
La Légion étrangère est fondée le par Louis-Philippe Ier pour la conquête de l’Algérie[2].
Elle est formée à partir des soldats de métier, qui sont sans emploi après les guerres impériales, et des révolutionnaires de tous les pays d’Europe, réfugiés en France[3].
Conquête de l’Algérie (1830-1849)

Créée pour combattre « hors du territoire continental du Royaume », la Légion étrangère est stationnée en Algérie ; elle participe à la conquête et à la mise en valeur du territoire[4]. En 1832, la Légion est employée à l’assèchement des marais dans la région d’Alger. Les 1er et 3e bataillons s’emparent d’une redoute à Maison-Carrée, aujourd’hui El-Harrach, quartier au sud-est d’Alger. Pour sécuriser la zone, 300 légionnaires campent près du marabout de Sidi Mohamed Tittery lorsque la tribu des El Ouffia s’agite. Le , sous les ordres du commandant Salomon de Mussis, une colonne de 27 légionnaires commandés par le lieutenant Châm et 25 chasseurs d’Afrique, patrouille dans la région. Le commandant pousse une reconnaissance avec les chasseurs et laisse les légionnaires au bivouac. Les légionnaires sont attaqués par 75 cavaliers arabes. Le petit détachement est exterminé. Le lieutenant Châm est le premier officier de la Légion mort au combat[5].
En 1834, les Espagnols du 4e bataillon sont démobilisés et autorisés à rentrer dans leur pays, en proie à la guerre civile. Le 7e bataillon est ramené à Oran et prend le numéro 4. En 1849, le 1er bataillon participe au siège et à la prise de Zaatcha.
Guerres carlistes (1835-1839)
En 1835, la Légion est mise à disposition de l’Espagne, pour soutenir la reine Isabelle II dans sa lutte contre la rébellion carliste[3],[6].
Au cours de cette campagne, le « principe de l’amalgame » va être imaginé et mis en application. Mécontent du système des bataillons par nationalité, le général Bernelle va brasser les légionnaires dans les unités, quelles que soient leurs origines, et imposer le français comme langue de commandement[3].
La Crimée (1854-1856)

La Légion étrangère participe au siège de Sébastopol[3].
Campagne d’Italie (1859)
La Légion étrangère participe aux batailles de Magenta et de Solferino[3].
Expédition du Mexique (1863-1867)
Pendant l’expédition du Mexique, la Légion étrangère participe à la bataille de Camerone. Son comportement au combat deviendra un symbole et un modèle de toute la Légion[1].
Guerre franco-prussienne de 1870
Lors de la Guerre franco-allemande de 1870, la Légion fait partie de l’Armée de la Loire et combat devant Orléans, puis Belfort[3].
Troisième République
Elle accueille les jeunes Alsaciens-Lorrains qui refusent de servir dans l’armée allemande[7].
Tonkin (1883-1885)
La Légion étrangère participe à la conquête du Tonkin[8].
Dahomey (1892-1894)
La Légion participe à la conquête du Dahomey par la France[9].
Soudan français et Niger (1892-1894)
La Légion est déployée au Soudan français[10].
La Légion est déployée à Madagascar de 1895 à 1905[3].
Première Guerre mondiale (1914-1918)

La Légion est au Maroc quand la Première Guerre Mondiale se déclenche[3].
En 1914, la Légion est renforcée par 8 000 étrangers, engagés volontaires pour la durée de la guerre ; ils constituent quatre régiments de marche, regroupés le en un seul corps : le Régiment de marche de la Légion étrangère[2].
Entre-deux-guerres
La Légion est engagée en Syrie et au Maroc dans la cadre des mandats confiées par la SDN[3]. Elle participe à la bataille de Rachaya[6].
Seconde Guerre mondiale (1939-1945)
Drôle de guerre
La Légion augmente ses effectifs jusqu’à atteindre 48 900 hommes au début de l’année 1940[2].
Campagne de France
Certaines unités disparaissent en mai 1940, d’autres sont dissoutes à l’armistice.
France libre
Certains légionnaires choisissent la France Libre et rejoignent la 13e DBLE. Par la suite, ils sont rejoints par les régiments d’Afrique du Nord et participent ensemble à la campagne de la libération du territoire national et la campagne d’Allemagne[2].
Décolonisation

La Légion participe aux Guerre d’Indochine et d’Algérie[2].
Depuis 1962
La Légion est basée en Métropole[2].
Elle intervient à Loyada en 1976, à Kolwezi et au Tchad en 1978, à Beyrouth en 1983-1984 et forme une partie de la Division Daguet, lors de la première Guerre du Golfe[2],[3].
XXIe siècle
Au cours de l’année 2003, les unités de la Légion étrangère ont été déployées en Afghanistan, dans le cadre de l’opération PAMIR[3].
La légion participe à l’opération Sentinelle[2].
Faits d’armes
Siège de Constantine (1837)

Le 1837, l’armée arrive à Constantine. La ville résiste ; les Français subissent de lourdes pertes. Le 10, toutes les pièces de 24 sont placées sur la colline ; le 11, les forces françaises commencent à bombarder les murs, entre les portes Bal el Oued « porte de la Rivière » et Bab el Decheddid. Dans la matinée du 12, la brèche est assez large. Vers huit heures, le gouverneur fait cesser le feu : il attend le retour d’un parlementaire envoyé dans la ville pour sommer les habitants de se rendre.
Après deux jours de combats, le 13, la première colonne d’attaque française, formée d’un bataillon de Zouaves, deux compagnies du 2e léger, la compagnie franche et une partie du génie sous le commandement du lieutenant-colonel Louis Juchault de Lamoricière, pénètrent dans la ville par un endroit dénommé « Place de la Brèche » (en référence à la brèche dans la défense de la ville).
La seconde colonne d’assaut, composée des compagnies d’élite du 17e léger et du 47e de ligne, des tirailleurs d’Afrique et de la Légion étrangère, sous le commandement du colonel Michel Combe, arrive devant la brèche au moment où les Zouaves demandent des échelles.
« Le , à 7 heures du matin, l’assaut de la place de Constantine est ordonné. Dès que la première colonne, sous les ordres du colonel de Lamoricière, a dépassé la brèche, le colonel Combes s’élance pour la soutenir à la tête de la deuxième colonne. Il arrive sur la muraille, au moment même où une explosion terrible éclate et ravage les rangs des assaillants. Il prend aussitôt le commandement que le colonel de La Moricière, blessé et privé de la vue dans l’explosion, cesse d’exercer. Mortellement atteint coup sur coup en plein dans la poitrine, il refuse de quitter le combat pour aller se faire panser, et continue encore à commander ses soldats. Le colonel Combes eut encore la force de retourner presque seul au bivouac de son régiment, et quelques minutes après, il était couché sur son lit funèbre pour ne plus se relever[12]. »
— Charles Mullié, Biographie des célébrités militaires des Armées de terre et de mer de 1789 à 1850. T1, Éditeur : Hachette Livre BNF, coll. : Sciences sociales, 2012, (ISBN 978-2012526440).
La ville de Constantine avait encore 6 000 défenseurs. Les habitants continuèrent de résister dans les rues, pour s’assurer une retraite vers la Kasbah et une issue hors la ville. Beaucoup de Constantinois meurent dans le ravin en tentant de fuir les assaillants.
Vers 9 heures, le drapeau tricolore avait remplacé le drapeau rouge sur le rocher .
Ahmed Bey s’enfuit dans les Aurès ; il continuera le combat jusqu’en 1848.
Bataille de Magenta et de Solférino (1859)

La bataille de Magenta, livrée le , pendant la campagne d’Italie, se termine par une victoire franco–sarde. Dans cette bataille, la Légion perd le colonel de Chabrières, les capitaines Alavoine et d’Assis, le lieutenant André ; 55 sous-officiers et soldats sont tués ; 11 officiers et 143 sous-officiers et soldats sont blessés. Le capitaine Danjou a un cheval tué sous lui. Il sera fait chevalier de l’Ordre des saints Maurice et Lazare. Le sergent Vilain est fait chevalier de la Légion d’honneur et l’adjudant Maine et le fusilier Wensel reçoivent la médaille de la Valeur militaire de Sardaigne. Les deux régiments étrangers inscrivent sur leur drapeau le nom de « Magenta » et seront décorés de la médaille de la ville de Milan, cinquante ans plus tard. Avec ce succès, Mac Mahon, commandant en chef du 2e corps, obtient la dignité de maréchal de France et le titre de duc de Magenta. Les restes des combattants tombés dans cette bataille reposent dans un mausolée.
Le 24 juin 1859, la bataille de Solférino se déroule en Lombardie, dans la province de Mantoue, et se conclut par une victoire des armées françaises de Napoléon III. Le 2e régiment étranger, aux ordres du colonel Signorino y participe. En arrivant à hauteur de Ca’ Morino, les légionnaires, avec le deuxième régiment de zouaves, formant l’avant-garde du deuxième corps d’armée commandé par le maréchal de Mac-Mahon, rencontrent une forte colonne autrichienne se dirigeant sur Castiglione.
Les légionnaires se déplacent en direction de Mantoue. Les premières salves d’artillerie ennemies sont tirées. En début d’après-midi, sous une chaleur accablante, les légionnaires et les zouaves prennent Cassiano. Le maréchal de Mac-Mahon donne l’ordre aux compagnies de tirailleurs de la Légion de se déployer pour placer l’artillerie au centre de la bataille. Les combats sont acharnés, finissent à la baïonnette. Le 2e régiment étranger perd 6 morts et 38 blessés, ce qui est peu au regard des pertes totales.
Bataille de Camerone (1863)

Le , un convoi français part du port de Veracruz avec des vivres, du matériel de siège, des médicaments, des munitions, quatre millions de francs en pièces d’or et de nombreuses pièces d’artilleries vitales pour la bataille de Puebla. Le , soixante-deux légionnaires et trois officiers de la 3e Compagnie du régiment étranger de la Légion sont envoyés à la rencontre du convoi. La compagnie n’ayant pas d’officiers disponibles (ceux-ci étant atteints par le « vomito negro », la fièvre jaune, comme nombre de membres du corps expéditionnaire), le capitaine Jean Danjou, adjudant-major du régiment, se porte volontaire pour la commander. Le sous-lieutenant Jean Vilain, payeur par intérim du régiment, et le sous-lieutenant Clément Maudet, porte-drapeau, demandent à l’accompagner.
La Légion considère que cette résistance fut une victoire, invoquant le fait que la mission de la compagnie a été remplie. Elle est commémorée avec ferveur par les légionnaires ainsi que par les Mexicains, qui reconnaissent le courage des légionnaires (ceux-ci ne se rendirent que lorsqu’il ne resta que trois combattants valides).
Siège de Tuyên Quang (1885)
En 1885, au Tonkin, 598 hommes, sous les ordres du commandant Dominé, résistent aux assauts des Pavillons Noirs. Ce sont deux compagnies de Légion, soit 390 hommes (dont 8 officiers), commandés par le capitaine Cattelain, une compagnie de tirailleurs tonkinois avec 162 hommes commandés par deux officiers, une section de 31 artilleurs de marine avec deux canons de 80 mm, deux de « 4 » de montagne, deux mitrailleuses Hotchkiss, le sergent Bobillot et 7 sapeurs du génie, un médecin, un pasteur protestant, 3 infirmiers, 3 boulangers, un civil préposé aux vivres, monsieur Gauthier de Rougemont, et les marins de la canonnière « La Mitrailleuse ».
Bataille de Rachaya (1925)

La Bataille de Rashaya opposa pendant 4 jours, du 20 au , les rebelles Druzes aux forces françaises de l’armée du Levant, devant la citadelle de Rashaya pendant la Grande révolte syrienne contre le Mandat français sur la Syrie et le Liban.
L’expansion de la révolte anti-française au Liban et la menace qu’elle faisait peser sur les chrétiens de la région inquiétait les populations. Les autorités françaises craignaient que la révolte des Druzes et des musulmans chiites du sud-Liban ne dégénère en un conflit religieux régional[13].
Le , les cavaliers circassiens de la Légion étrangère établirent leurs quartiers dans le fort de Rachaya. Il s’agissait du 4e escadron du 1er régiment étranger de cavalerie (1er REC), fort d’une centaine d’hommes et commandé par le capitaine Landriau[14]. Le village de Rachaya comptait alors environ 3 000 habitants. Le fort était situé sur une colline au-dessus de la ville ; il était de petite taille et partiellement en ruine. Les vols de reconnaissance français permirent de déterminer que les troupes druzes, d’environ 3 000 hommes, étaient basées à proximité du village. Le quartier général des troupes françaises fut alors renforcé pendant que des patrouilles étaient envoyées autour de la ville. Le , deux unités françaises tombèrent en embuscade et deux hommes furent tués par les troupes de Zayd al-Atrash, l’un des chefs rebelles Druzes et frère du Sultan el-Atrache ; trois autres furent blessés et trois portés disparus.
Bataille de Narvik (1940)

En 1940 en Norvège, l’opération terrestre commence le par un bombardement naval contre les défenses allemandes. Il était effectué par le cuirassé britannique Resolution, deux croiseurs et cinq destroyers. Les moyens de débarquement sont modestes : 4 ALC, 1 LCM, et 2 MLC sont mis à l’eau à la dernière minute et des « trains » d’embarcations fournis par les bâtiments (une embarcation à moteur en remorquant 2 ou 3 autres). Trois chars français de 13 tonnes sont embarqués dans les MLC et LCM. L’ensemble se dirige sur la plage de Bjerkvik. Les chars, débarqués les premiers au milieu de positions allemandes, ouvrent la voie au 1er bataillon de la Légion, qui se déploie en éventail depuis l’Ouest jusqu’au Nord-est. Dès le lendemain, le , la jonction est réalisée avec les Polonais de la Brigade autonome de chasseurs de Podhale venus de l’Ouest, les chasseurs alpins des 5e et 27e demi-brigades venus du Nord-Ouest et les Norvégiens qui tiennent le Nord. Deux heures après la plage de Bjerkvik, des engins similaires, avec les deux derniers chars et le 2e bataillon de la Légion, débarquent sur la plage de Meby. Chassés de la plage, les Allemands reculent vers l’Est, jusqu’à Storebalak.
Un peloton de cinquante motocyclistes prend la route longeant la rive est de l’Herjangsfjord, soutenu depuis la mer par le destroyer HMS Havelock, où se trouve le général Béthouart. Il atteint la presqu’île d’Oijord face à la plage d’Orneset sans encombre. Il reste à franchir le Rombaksfjord (en). Il faut d’abord nettoyer la rive nord de ce fjord, et surtout, réceptionner sur l’aérodrome de Bardufoss des chasseurs de la RAF. Le , les engins de débarquement et les puffers transportent chars et troupes, sous la protection des bateaux et des forces installées sur la rive nord, jusqu’à la rive sud du Rombaksfjord. L’opération rencontre une vive résistance et subit une contre-attaque en règle. De leur côté, Polonais et chasseurs alpins sont attaqués à Ankenes et le long du Beisfjord. Le , les Allemands font retraite vers l’est. Les troupes, Norvégiens en tête, entrent enfin à Narvik. Depuis deux jours, Lord Cork a reçu de Londres l’ordre d’évacuation totale, en raison de la situation alarmante du front français. L’amiral a montré le message à Béthouart et, d’un commun accord, les Alliés sont convenus de mener à bien l’opération finale avant d’obtempérer. L’évacuation est terminée le , deux jours après celle de Dunkerque. À la suite de cette action, le drapeau est décoré de la croix de guerre norvégienne.

La Légion dans la bataille de haute montagne
Le groupement de haute montagne de la Légion étrangère fut créé en Afrique du Nord. Il comprend : un état-major de groupement, une compagnie hors rang, une section de commandement et 2 bataillons du type haute montagne, l’un devant être formé par les 2e régiment étranger d’infanterie, 3e régiment étranger d’infanterie et le 4e régiment étranger (1er bataillon, CHR et CDT), l’autre par le 2e bataillon du 1er régiment étranger. L’effectif de chaque bataillon comporte 930 officiers, gradés et légionnaires, avec une section de skieurs. Le groupement de haute montagne est commandé par le lieutenant-colonel Raoul Magrin-Vernerey. Il prendra le nom de « Ralph Monclar » lors de son ralliement aux Forces françaises libres.
Bataille de Bir Hakeim (1942)

La bataille de Bir Hakeim, du nom d’un point d’eau désaffecté (« puits du sage ») au milieu du désert de Libye, au sud de Tobrouk, est une bataille de la Seconde Guerre mondiale, qui s’est déroulée du au durant la guerre du désert.
Pendant ces seize jours, la 1re brigade française libre (future 1re division française libre) du général Marie-Pierre Kœnig résista aux armées motorisées italiennes et allemandes (l’Afrika Korps) commandées par le général Erwin Rommel. Le répit gagné par les Français libres permit aux Britanniques, alors en mauvaise posture, de se replier puis de triompher à El Alamein.
Bir Hakeim fut la première contribution militaire d’importance des Forces françaises libres. Elle fut pour beaucoup dans la reconnaissance politique par les Alliés du Comité national de la France combattante.
Le premier groupement était commandé par le Lieutenant-colonel Dimitri Amilakvari (appelé Bazorka), commandant de la 13e demi-brigade de Légion étrangère[17]. Il était composé du 2e et du 3ème bataillon de Légion étrangère. Le 2e bataillon, commandé par le commandant René Babonneau, a repoussé l’attaque de plus de 70 chars de la division Ariete, en détruisant 35 chars. Il reçut une citation à l’ordre de l’Armée. Resté à l’arrière pour assurer le repli, lors de la sortie de vive force de Bir Hakeim, dans la nuit du 10 au , il est fait prisonnier et transféré en Italie, d’où il tente de s’évader par deux fois. Le 3e bataillon de la Légion étrangère, sous les ordres du commandant Puchois, était composé notamment de près de 300 républicains espagnols[18], expérimentés et maîtrisant les techniques de guérilla.
Bataille de Phu Tong Hoa (1948)
En , situé sur la route coloniale no 3 bis (RC3 bis), le poste de Phu Tong Hoa, tenu par la 2e compagnie du 3e REI avec un effectif de 107 hommes, est attaqué par près de 3 000 Việt Minh. Après plusieurs heures de combat, la garnison sort victorieuse ; devant un piquet d’honneur en tenue de parade, le colonel Simon, chef de corps du régiment, pénètre dans le camp le à la tête de la colonne de secours.
Bataille de Diên Biên Phu (1953-1954)



La bataille de Ðiện Biên Phủ est un moment clé de la guerre d’Indochine. Elle se déroule du au et oppose, au Tonkin, les forces de l’Union française aux forces du Việt Minh, dans le nord du Viêt Nam actuel[19],[20].
Occupée par les Français en , Ðiện Biên Phủ et la plaine environnante deviennent l’année suivante le théâtre d’une bataille décisive. Elle opposa le corps expéditionnaire français, composé de diverses unités de l’Armée française, des troupes coloniales et autochtones, sous le commandement du colonel Christian de La Croix de Castries (nommé général durant la bataille), et l’essentiel des troupes vietnamiennes (Việt Minh) commandées par le général Võ Nguyên Giáp.
Les Forces françaises[21] étaient composées d’un EDAP (Élément divisionnaire aéroporté) commandé par Jean Gilles (général).
Il comprenait le GAP no 1, élément du commandant Fourcade. La 1re vague était constituée du 6e BPC du chef de bataillon Marcel Bigeard ; du II/1er RCP du chef de bataillon Jean Bréchignac ; du 17e compagnie du génie parachutiste ; et d’éléments du groupe de marche du 35e régiment d’artillerie parachutiste du chef d’escadron Millot. La 2e vague était constituée du 1er bataillon parachutistes coloniaux du chef de bataillon Souquet ; de l’antenne chirurgicale mobile no 29 (ACM 29), commandant Paul-Henri Grauwin ; et du reliquat du groupe de marche du 35e régiment d’artillerie parachutiste.
Le GAP no 2, élément du lieutenant colonel Pierre Langlais, était constitué du 1er bataillon étranger de parachutistes du chef de bataillon Guiraud ; du 8e bataillon de parachutistes coloniaux du capitaine Tourret ; du 5e bataillon de parachutistes vietnamiens du chef de bataillon Bouvery.
Il était appuyé par la 1re compagnie étrangère parachutiste de mortiers lourds.
Geneviève de Galard, (de son nom complet Geneviève de Galard Terraube) était une infirmière militaire française, convoyeur de l’air durant la guerre d’Indochine, et fut surnommée l’ange de Ðiện Biên Phủ[22].
La France quitta la partie nord du Viêt Nam, après les accords de Genève[23], ratifiés le . Ils instauraient une partition du pays de part et d’autre du 17e parallèle nord.
Opération de Suez (1956)
À l’été 1956, le 1er régiment étranger de parachutistes est rappelé du djebel, où il a effectué plusieurs opérations héliportées, pour être regroupé sur la côte algéroise. Les légionnaires vont s’y entraîner à des opérations amphibies. Après de multiples fausses alertes, le régiment, sous le commandement du lieutenant-colonel Brothier, s’embarque le sur le cuirassé Jean-Bart.
La France et l’Angleterre viennent de lancer en l’opération Mousquetaire pour reconquérir le canal de Suez que Gamal Abdel Nasser vient de nationaliser.
La Légion au sein du dispositif
Un escadron blindé du 2e REC, commandé par le capitaine Abraham, avec l’adjudant Degueldre comme adjudant d’unité, est intégré au 1er REP à Zéralda, avant de rejoindre la base de départ à Chypre. Avec les autres unités françaises, il a pour mission de s’emparer, dans la zone de Port-Fouad, des points sensibles, et de faire la liaison avec les éléments du 2e RPC, parachutés au Sud. Le groupement est commandé par le lieutenant-colonel Brothier, chef de corps du 1er REP. Tous les objectifs sont atteints par les compagnies. Le à 8 heures, toutes les unités se rassemblent pour marcher vers El Qantara. Une demi-heure plus tard, le cessez-le-feu est ordonné, les troupes doivent rester sur leurs positions et n’ouvrir le feu que si elles sont attaquées. La section du lieutenant Ysquierdo, du 1er REP, représente l’avant-garde française d’El Qantara et maintient jour et nuit un poste de surveillance, au PK 37, à 800 mètres des lignes égyptiennes. Fin décembre, les troupes rembarquent à destination de l’Algérie.
Bataille d’Alger (1957)

– .
Les paras dans la ville
Après les premières insurrections, le gouvernement français donne pour mission au général Massu de rétablir l’ordre. Il fait appel à la 10e division parachutiste (dont 1er REP). Ses quatre régiments s’ajoutent aux éléments déjà sur place, notamment la police, la gendarmerie et les fantassins du 9e régiment de zouaves qui surveillent la Casbah : au total, près de 10 000 hommes. Entraînés et encadrés, les 4 000 paras sont spécialisés dans la lutte contre la guérilla. Leurs officiers se sentent impliqués dans le conflit, sensibles à sa dimension politique et militaire. Beaucoup ont réfléchi aux techniques de la guerre subversive, notamment à partir de l’expérience indochinoise.
Le , les paras entrent dans Alger. Chaque régiment prend le contrôle d’un quartier, sous l’autorité du général parachutiste Jacques Massu qui a reçu tous les pouvoirs de police sur l’ensemble de l’agglomération algéroise. Grâce au fichier des renseignements généraux, les hommes de Massu établissent des listes de « suspects ». Ils sont interrogés, sommés de donner le nom du collecteur de fonds du FLN auquel ils versent leur cotisation. Grâce à ces informations, les militaires remontent vers des chefs plus importants. Par la suite, les militaires vont interpeller de plus en plus d’Algériens, depuis le militant qui peut détenir des informations très importantes jusqu’au simple sympathisant[24].
Prise d’otages de Loyada (1976)
Le , un car militaire effectuant le ramassage scolaire des enfants de la Base aérienne 188 Djibouti est détourné par des militants indépendantistes du territoire et bloqué sur la frontière avec la Somalie. Le lendemain, la Légion et le GIGN prennent le bus d’assaut. Deux enfants seront tués, sept preneurs d’otages et un nombre indéterminé de soldats somaliens.
Sauvetage de Kolwezi (1978)

La bataille de Kolwezi[25] est une opération aéroportée baptisée « Opération Bonite », menée par une unité de la Légion étrangère française, le 2e régiment étranger de parachutistes, ainsi que par des troupes belges et zaïroises.
Elle se déroule en au Zaïre, actuelle république démocratique du Congo, pour délivrer des otages européens retenus dans la ville minière de Kolwezi par des rebelles katangais. L’opération réussit à libérer des otages avec des pertes militaires légères. 700 Africains et de 170 Européens furent massacrés[26].
Opérations Tchad (1969-1972 / 1978-1980)
Cette opération militaire française se déroula durant la guerre civile tchadienne de 1965-1980. Pendant l’Opération Tacaud, qui fait suite à l’opération Bison de 1969 à 1972, dix-huit militaires français sont tués et deux avions Jaguar abattus[27].
Les unités Légion concernées dans les opérations furent un escadron du 1er régiment étranger de cavalerie (1er REC), la section mortier du 2e régiment étranger d’infanterie (2e REI), la 7e compagnie de combat (Capitaine Saillard) en 1978 et 1979 (2e REI) et la 5e compagnie de combat en 1979 du 2e REI de Bonifacio (2e REI).
Opération Diodon (Liban 1982-1983)

Le , le 2e REP, précurseur d’une force multinationale d’interposition, répond à la demande des Libanais : il permet le départ du contingent palestinien, retranché dans Beyrouth, face à l’avance israélienne. Après les massacres de Sabra et Chatila, les autorités internationales mettent en place une force de sécurité. À tour de rôle, les grandes unités professionnalisées de l’Armée de terre française se relaient à Beyrouth pour remplir une mission de médiation et de paix. Elles opèrent dans le cadre de la Force multinationale de sécurité à Beyrouth (FMSB). Elles comptent des troupes américaines, (stationnées aux abords de l’aérodrome), italiennes, (centrées sur le quartier de l’hippodrome), et britanniques, (implantées près de la manufacture de tabac) ; pour les français, la 31e brigade, (renforcée par le 1er régiment étranger de cavalerie et un détachement du 17e régiment du génie parachutiste), assure la sécurité dans le Grand-Beyrouth[28].
Le , les premiers éléments du 2e REI débarquent dans le cadre de l’opération. Le , les derniers éléments de Diodon quittent le Liban. Le caporal-chef Vuillermet meurt de ses blessures. 8 légionnaires du 2e REI sont tués au Liban en 1983.
Attentats de Beyrouth du 23 octobre 1983 (Attentat du Drakkar)
Les États-Unis ont perdu 265 soldats au Liban et 159 autres ont été blessés. La France a perdu 89 soldats et l’Italie deux[29].
Opération Épervier (1986)
L’opération Épervier, au Tchad, est déclenchée début par la France ; les Forces armées libyennes franchissent le 16e parallèle et viennent soutenir Goukouni Oueddei, renversé fin 1981 par Hissène Habré avec le soutien de la France et des États-Unis.
La Légion
En 1986, les 3e et 4e compagnies du 2e REP, puis un EMT à 4 compagnies, commandé par le colonel Wabinski, chef de corps, prend la relève en 1987. Les légionnaires s’installent à Kalait, Biltine et Abéché. Le détachement encadre un détachement d’assistance technique à Pandzangue au sud, non loin des frontières du Cameroun et de la République centrafricaine ; le poste de commandement et la 2e compagnie s’installent à N’Djaména. Le , les Tchadiens s’emparent d’Aozou, repris par les Libyens, 20 jours plus tard. En juillet, la compagnie d’éclairage et d’appuis rentre à Calvi, remplacée par une autre compagnie. Le 2e REP laisse la place à d’autres unités au début de 1988.
Opération Daguet (1990-1991)
L’opération Daguet est la participation de l’Armée française à la coalition internationale formée à la suite de l’invasion du Koweït par l’Irak (guerre du Golfe en 1990-1991). Elle est commandée par le général Michel Roquejeoffre.
La Légion étrangère est composée du 1er régiment étranger de cavalerie (1 état-major – 1 escadron de commandement et des services – 3 escadrons blindés – 1 escadron antichars)[30], du 2e régiment étranger d’infanterie renforcé d’une compagnie du 21e RIMa (1 état-major – la compagnie de commandent et des services – la compagnie d’appui et de soutien – 3 compagnies de combat), du 6e régiment étranger de génie (1 état-major – 1 compagnie de commandement et des services – 3 compagnies de génie combat – 1 compagnie d’appui – 1 compagnie du 3e RG équipée d’engins blindés du génie – 1 section MCLC (en) de l’US Army).
Opération Pélican (Brazzaville 1997)
La France est engagée à Brazzaville capitale de la république du Congo pour rapatrier 6 000 étrangers, dont près de 1 500 Français. L’intervention est lancée le . Depuis 72 heures, les milices du président Pascal Lissouba et de l’ancien président Denis Sassou-Nguesso s’entre-tuent et dévastent la capitale du Congo, coupée en deux[31].
En une semaine, 1 250 soldats français, dont les légionnaires du 2e REP, du 2/1er REC, du 2e REI, le commando de Montfort, placés sous les ordres du général Landrin, sauvent des expatriés en danger de mort.
Le , l’état-major tactique (EMT) du 2e REP, sous les ordres du colonel Benoît Puga, chef de corps, est mis en place à Brazzaville. Il vient relever le 8e RPIMa dans sa mission d’éventuelle évacuation de ressortissants de Kinshasa. Les forces de l’alliance de Laurent-Désiré Kabila arrivent aux portes de la capitale zaïroise ; la 1re compagnie, commandée par le capitaine Trotignon, puis la compagnie d’éclairage et d’appuis (CEA), commandée par le capitaine Schiffer, viennent d’être pré-positionnées au Gabon ; elles quittent Libreville pour rejoindre le camp de l’ORSTOM à Brazzaville, les 16 et .
L’opération « Pélican » reçoit pour mission de soutenir, dans le domaine logistique, les organisations humanitaires sur place. Ce soutien se traduit essentiellement par l’acheminement en C-160 Transall de fret humanitaire à destination des camps de réfugiés du nord du Congo. L’État Major Tactique (EMT) du 2e REP y participe en assurant la sécurité des cargos tactiques déployés sur les terrains du nord. Puis, il achemine par véhicules, les réfugiés qui ont descendu le fleuve Congo en barges jusqu’à la capitale congolaise, jusqu’au camp de Bilolo situé à une trentaine de km au nord de Brazzaville[32].
Côte d’Ivoire (2002-2003)

21e RIMa, 1re REC et 1re REG de Opération LICORNE en 2002 (Côte d’Ivoire).
L’opération Licorne est le nom de la participation des Forces armées françaises, sous commandement français, au maintien de la paix en Côte d’Ivoire. Elle est mise en place à la suite de la crise politico-militaire en Côte d’Ivoire[33]. Elle est distincte mais complémentaire de l’ONUCI.
Légionnaires et marsouins dans l’opération
Le commandant de l’opération Licorne, du au , est le général Emmanuel Beth (ancien officier parachutiste de la Légion étrangère, commandant jusqu’à cette date de la 11e brigade parachutiste à Balma).
Le , le 43e bataillon d’infanterie de marine, stationné à Port-Bouët, est renforcé par des éléments des forces françaises pré-positionnées dans la région (Gabon, Sénégal, Djibouti et Tchad) et la 11e BP, dont le 2e REP, pour assurer la sécurité des ressortissants français et de la communauté internationale.
En , 1 500 hommes supplémentaires sont acheminés. Le , le 2e régiment étranger d’infanterie, (2e REI) relève le 2e REP et occupe les postes du groupement tactique interarmes ouest (GTIAO). Ce groupement, appuyé par l’arrivée des AMX-10 RC du 1er REC, ouvre une brèche vers l’ouest, alternant négociations et intimidation. Après avoir implanté des unités sur Duékoué et Guiglo, des reconnaissances sont effectuées jusqu’à Toulepleu puis Bangolo.
La force Licorne s’empare de l’aéroport d’Abidjan. Des mouvements de foule éclatent dans la capitale. La force Licorne, renforcée par des moyens terrestres, aériens et navals, se redéploie sur la capitale pour sécuriser les ressortissants français et étrangers, puis permettre le départ des volontaires. Environ 8 000 ressortissants quittent le territoire ivoirien, en utilisant, pour la majorité, les moyens aériens civils réquisitionnés par le ministère des Affaires étrangères.
EUFOR Tchad/RCA (2007-2009)

La force européenne EUFOR Tchad/RCA[34] était une force opérationnelle multinationale dirigée par l’Union européenne au Tchad et en République centrafricaine. Son objectif est d’appliquer la résolution du Conseil de sécurité des Nations unies no 1778 du . Sa mission s’est achevée en 2009.
Ses troupes sont fournies par 23 pays, membres de l’Union européenne, dans le cadre de la Politique de sécurité et de défense commune (PESD). L’apport français totalise 1 700 militaires, 8 hélicoptères – bataillon centre.
Le , un soldat français de l’EUFOR au Tchad/RCA, le sergent Gilles Polin, en reconnaissance près de la frontière soudanaise, est tué à la suite d’un accrochage avec les Forces armées soudanaises.
Le , la mission EUFOR de l’UE a passé le relais à la MINURCAT II, la force des Nations-Unies[35].
Opération Pamir (2012-2014)
Le , un échelon de commandement unique succède à celui de la brigade La Fayette et remplace celui du National Contingent Command (NCC). L’état-major Pamir (EM Pamir) est stationné sur le camp Warehouse à Kaboul. Il est composé d’une centaine de militaires : ils ont pour mission de commander les détachements français présents sur le théâtre, de conduire des opérations de désengagement logistique de l’Armée française, d’assurer la protection de la force, soutenir les insérés français, tout en poursuivant l’évolution de ses structures. Pour remplir ces missions, l’état-major Pamir dispose d’unités subordonnées : le bataillon logistique (BATLOG) Koufra, le Bataillon de protection Aquitaine et le bataillon d’hélicoptères Mousquetaire.
Moins de 500 militaires sont chargés de poursuivre l’engagement français jusqu’à la fin de la mission de l’ISAF en 2014 : assurer le commandement de l’aéroport international de Kaboul (KAIA), le fonctionnement de l’hôpital médico-chirurgical militaire français de KAIA, l’appui à la formation de l’Armée nationale afghane, la participation aux fonctions d’état-major dans les structures de l’ISAF et le commandement du laboratoire européen contre-IED.
À la fin , le nombre de militaires français dans la zone se situe entre 300 et 400, dont 205 au service de l’OTAN. À la fin de l’année, il restera 150 personnes.
L’opération Pamir prend fin le .
De 2008 à 2010, le colonel Éric Bellot des Minières est chef de corps du 2e REP à Calvi. Durant cette période, il commande le Battle Group Altor engagé du au dans le cadre de l’opération Pamir[36]. Lors de cette opération, son régiment est cité à l’ordre de l’Armée pour la croix de la Valeur militaire.
Traditions

Les traditions au sein de la Légion étrangère sont nombreuses et issues directement de son histoire : du « vert et rouge », au pas lent de ses unités, en passant par les pionniers et Le Boudin (chant de marche de la Légion).
Contrairement à une idée reçue, ces traditions ne sont pas immuables et vivent avec l’institution. Elles sont officiellement regroupées au sein d’un Recueil des traditions de la Légion étrangère édité par le comité des traditions de la Légion étrangère. Enfin, ces traditions doivent être distinguées des légendes qui courent sur les légionnaires, comme le fait de graver leur nom sur la cartouche qu’ils se destinent en cas de coup dur.
Pionniers de la Légion étrangère
Les pionniers de la Légion étrangère de l’Armée de terre française forment une unité de traditions. Ils défilent en tête des troupes lors des prises d’armes et portent barbe, tablier de buffle et hache à l’épaule. C’est la seule unité de ce type en service au sein de l’Armée française.
Après une présence plutôt aléatoire sous la Révolution française, les pionniers réapparaissent sous le Consulat, coiffés des bonnets à poils des grenadiers mais sans la plaque métallique. Ces unités sont dissoutes en 1818, puis recréées en 1822[37]. La Légion étrangère a repris, dès 1831, cette tradition qu’elle perpétue encore de nos jours.
Insignes

Les insignes militaires sont une survivance des blasons d’autrefois qui rassemblaient autour d’une même symbolique les soldats d’un même corps. La Légion étrangère n’échappe pas à cette règle et les premiers modèles apparaissent dès la fin de la Première Guerre mondiale[38]. La majorité des insignes des unités de la Légion étrangère, quelle que soit leur spécialité, reprennent les traditions de celle-ci : la grenade à 7 flammes et les couleurs vert et rouge.
Chants et musiques
La musique de la Légion étrangère après avoir été une musique principale à 141 musiciens, compte aujourd’hui une soixantaine d’exécutants. Sa réputation dépasse les frontières françaises ; elle se produit en moyenne quatre à cinq fois par an dans des tournées à l’étranger. En dehors des cérémonies militaires, elle donne des concerts en salle. En formation de défilé, elle se distingue des autres musiques de l’Armée française par ses fifres, son chapeau chinois (instrument à percussions d’origine turque), par un port du tambour particulier (cercle inférieur au niveau du genou). La cadence puissante et majestueuse, de 88 pas à la minute (contre 116 pas à la minute pour les autres régiments), impacte les chants et les musiques du « carnet » (bible des chants de la Légion), plus mélancoliques[39]. Les recettes des disques et concerts de la Légion étrangère sont reversés à l’association Terre Fraternité, qui apporte aide et soutien aux soldats blessés au combat, et à leurs familles[40].
Le Boudin est la marche officielle de la Légion étrangère. Elle est caractérisée par sa lenteur (88 pas à la minute), la lenteur de ce pas fait que, lors du défilé du , la Légion défile en dernier (et démarre en même temps que l’unité précédente) afin de ne pas ralentir les unités qui la suivraient.
Liste des chants

- Anne-Marie du 3e REI
- Adieu, adieu
- Aux légionnaires
- Anne-Marie du 2e REI
- Adieu vieille Europe
- Chant du quatrième escadron
- Chez nous au 3e
- C’est le 4
- Connaissez-vous ces hommes
- Contre les Viêts (chant de la 13e DBLE après avoir été celui du 1er REP)
- Cravate verte et Képi blanc
- Dans la brume, la rocaille
- Défilé du 3e REI
- C’était un edelweiss
- Écho
- En Afrique
- En Algérie
- Es steht eine Mühle (Il y a un moulin à vent)
- Eugénie
- Les Képis Blancs
- Honneur, Fidélité
- Ich hatt’ einen Kameraden
- Il est un moulin
- J’avais un camarade
- Kameraden (Camarade)
- La colonne (chant du 1er REC)
- La Légion marche (Chant du 2e REP)
- La lune est claire
- Le boudin
- Le Caïd
- Il y a des cailloux sur toutes les routes
- Le fanion de la Légion
- Le Soleil brille
- Le front haut et l’âme fière (Chant du 5e RE)
- Légionnaire de l’Afrique[41]
- Massari Marie
- Monica
- Nos Képis Blancs (Sous le Soleil brûlant d’Afrique) (marche officielle de la 13e D.B.L.E.)
- Nous sommes tous des volontaires
- Nous sommes de la Légion
- La petite piste
- Pour faire un vrai légionnaire
- Premier chant du 1er REC
- Quand on a une fille dans l’cuir
- Rien n’empêche 2e REG
- Sapeurs, mineurs et bâtisseurs (ex 6e REG)
- Soldats de la Légion étrangère
- Souvenirs qui passe
- Suzanna
- The Windmill (L’esprit)
- Venu volontaire
- Véronica
-
Légionnaires à l’entraînement en Guyane.
-
Légionnaires du DLEM.
-
Légionnaires au cours d’un saut à haute altitude.
-
Légionnaires sautant d’un C-160 au cours d’un exercice au-dessus du Camp Raffalli en Corse.
Uniforme

L’uniforme de la Légion étrangère se distingue des autres. Il est composé des rangers réglementaires communes, d’un pantalon beige, de la ceinture réglementaire (Cummerbund), d’une chemise beige clair, d’épaulettes vertes et rouges, ainsi que du célèbre képi blanc. À l’origine, le képi était bleu marine[42] comme tous les régiments de l’infanterie. À la suite des longues expositions aux soleils orientaux, les légionnaires recouvrirent leurs képis d’un manchon beige[42]. Des lavages répétés, des pluies tropicales et des effets du soleil l’ont fait blanchir année après année.
Les pionniers sont vêtus de la même tenue que les autres légionnaires, complétée d’une hache sur l’épaule droite et un tablier en peau de buffle, soit fauve, soit blanc. Les légionnaires appartenant aux unités de sapeurs pionniers portent tous la barbe, et lors des défilés, sont accompagnés d’un mouton.
Béret vert
Attribué officiellement en 1948 aux 1er, 2e et 3e Bataillons Étrangers de Parachutistes (BEP)), le béret vert devient en 1957 la coiffure officielle de tous les régiments étrangers de parachutistes (1er REP et 2e REP). En 1959, il devient la coiffure de repos et d’exercice de toutes les unités de la Légion étrangère.

Le képi blanc
Le couvre-képi kaki, parfois complété par un couvre-nuque, était porté par les troupes qui participèrent à la conquête de l’Algérie et du Maroc. Il était destiné à les protéger du soleil. Mais entre l’action du soleil et les lavages répétés, il devint blanc, marquant la fierté des plus anciens. Le képi blanc est devenu officiel après le fameux défilé du à Paris[43]. Les sous-officiers, les caporaux-chefs et brigadiers-chefs ayant plus de quinze années de service à la Légion, comme les officiers, portent le képi noir.
La Légion possède une revue officielle créée en 1947 et toujours éditée : Képi blanc[44].
Bernard Clavel intitule Lettre à un képi blanc un des romans de sa trilogie Le silence des armes.

Les épaulettes vertes
Les épaulettes de tradition vert et rouge font partie de la tenue à la Légion étrangère depuis 1868. Elles sont portées par les sous-officiers subalternes (jusqu’au grade de sergent-chef) et les militaires du rang. La seule distinction est que pour les caporaux-chefs et les sous-officiers (ainsi que pour tous les personnels de la Musique de la Légion étrangère et des pionniers), ces épaulettes présentent une bande dorée entre la galette verte et les franges rouges.
La ceinture bleue
La ceinture de laine pour les troupes d’Afrique était, à l’origine et jusqu’en 1862, un accessoire vestimentaire de couleur variable, destiné à préserver des affections intestinales, en évitant les refroidissements. Longue de 4,20 m et large de 0,40 m, elle nécessite l’aide d’un camarade pour être mise correctement. À l’origine, elle était distribuée dans les corps de l’armée d’Afrique sans distinction de couleur ; elle est désormais toujours bleue dans la Légion.
La cravate verte
Elle est réglementaire depuis 1946 par suite de l’utilisation par le régiment de marche de la Légion étrangère des stocks des anciens « chantiers de jeunesse ».
Code d’honneur
Depuis les années 1980, la Légion étrangère s’est dotée d’un code d’honneur en sept articles, destiné à constituer une référence morale pour tous les engagés volontaires. Chaque légionnaire se voit remettre un exemplaire, rédigé dans sa langue maternelle, lors de son arrivée, et doit apprendre par cœur la version française lors de son instruction.
Les Poètes de la Légion
De nombreux écrivains renommés ont marqué l’histoire de la Légion étrangère. Alan Seeger, poète américain, s’engage en 1914 et trouve la mort en 1916 à Belloy-en-Santerre, laissant derrière lui le célèbre poème I Have a Rendez-vous with Death. Henry Weston Farnsworth, également américain, décrit dans ses lettres, les figures marquantes de la Légion, avant de tomber au combat en 1915. Le Suisse Blaise Cendrars, mutilé en 1915, poursuit une brillante carrière littéraire, notamment avec La main coupée. L’Allemand Ernst Jünger tire de sa courte expérience de légionnaire le roman Jeux africains. L’écrivain italien Curzio Malaparte, blessé pendant la Grande Guerre, explore l’humanisme dans des œuvres telles que La Peau. Albert Puyou de Pouvourville, officier en Indochine, diffuse le taoïsme à travers ses livres, comme L’Annam sanglant. D’autres écrivains, tels que Georges Roulin et Arthur Nicolet, enrichissent la littérature légionnaire avec leurs récits et poèmes. La Légion accueille également des anonymes, comme Mougenot, poète émergent dans la revue Képi Blanc, mort au combat. Ces auteurs reflètent l’intensité de la vie légionnaire, entre engagement militaire et production littéraire[45].
Décorations
Fourragères
Les fouragères sont des ornements d’uniformes, pas seulement propres aux légionnaires, formées d’une bande de tissu tressée à la manière d’une corde.
Culture
La Légion étrangère a, depuis longtemps, inspiré des œuvres de tous types : livres, films, chansons, etc. Elles présentent souvent l’Institution sous son aspect romantique, mais parfois aussi sous un angle plus à même d’entretenir le mythe du « légionnaire-mystérieux ».
Conditions actuelles
Composition
Ayant eu, au maximum de son déploiement dans les années 1950, un effectif de 60 000 hommes, la Légion étrangère compte de nos jours 9 000 hommes[1] (1 000 officiers, 2 000 sous-officiers et 6 000 légionnaires de 156 nationalités différentes, répartis dans 12 unités[46]).
- Le socle
- Commandement de la Légion étrangère (COMLE), installé à Aubagne
- Groupement de recrutement de la Légion étrangère (GRLE), stationné au Fort de Nogent
- 1er régiment étranger (1er RE), stationné à Aubagne (800 hommes)
- 4e régiment étranger (4e RE), régiment de formation, stationné à Castelnaudary (570 hommes plus des stagiaires)
- Les régiments de métropole
- 1er régiment étranger de cavalerie (1er REC), stationné à Carpiagne (Marseille) (950 hommes)
- 1er régiment étranger de génie (1er REG), stationné à Laudun (Gard) (1 000 hommes)
- 2e régiment étranger de génie (2e REG), stationné à Saint-Christol (Vaucluse) (870 hommes)
- 2e régiment étranger d’infanterie (2e REI), stationné à Nîmes (1 300 hommes)
- 2e régiment étranger de parachutistes (2e REP), stationné à Calvi (Corse) (1 234 hommes)
- 13e demi-brigade de Légion étrangère (13e DBLE), stationnée au camp du Larzac (1 300 hommes)
- Les régiments d’outre-mer
- 3e régiment étranger d’infanterie (3e REI), stationné à Kourou (Guyane) (250 légionnaires et 380 tournants).
- 5e régiment étranger (5e RE), stationné à Dzaoudzi (Mayotte) (240 hommes, dont 80 légionnaires et 160 tournants), qui a succédé au Détachement de Légion étrangère à Mayotte (DLEM) le .
Recrutement des légionnaires
| Rang | Nationalité | Effectifs (1963) |
|---|---|---|
| 1 | 210 000 | |
| 2 | 60 000 | |
| 3 | 50 000 | |
| 3 | 50 000 | |
| 5 | 40 000 | |
| 6 | 30 000 | |
| 7 | 10 000 | |
| 8 | 6 000 | |
| 9 | 5 000 | |
| 10 | 4 000 | |
| 10 | 4 000 | |
| 10 | 4 000 | |
| 13 | 3 000 | |
| 13 | 3 000 | |
| 15 | 2 300 | |
| 16 | 1 500 | |
| 16 | 1 500 | |
| 18 | 1 300 | |
| 19 | 1 000 | |
| 19 | 1 000 | |
| 21 | 700 | |
| 22 | 500 | |
| 22 | 500 | |
| 22 | 500 | |
| 22 | 500 | |
| 26 | 200 | |
| 26 | 200 | |
| 26 | 200 | |
| 26 | 200[47] | |
| 30 | 100 | |
| 30 | 100 | |
| 30 | 100 | |
| 30 | 100 | |
| 30 | 100 | |
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Il se fait au Ministère de la Défense, sur le Site de recrutement de la Légion étrangère[48] ou par le portail Internet de la Légion étrangère[49].
- Pas assez de francophones
Le nombre de francophones, essentiellement français, est limité. Ils représentent 11 % du recrutement en 2019[50]. Pour la période 2021, sur 1 100 engagés, un peu plus de 150 sont des Français (soit 13,7 %)[51]. La bonne compréhension des ordres passe par un apprentissage du français pour les allophones. Cet enseignement (la méthode « Képi blanc »)[52] consiste à inculquer aux volontaires allophones 500 mots-clés au terme des quatre premiers mois d’instruction afin qu’ils comprennent les ordres de base[53]. L’acquisition est assurée par les légionnaires francophones, jouant le rôle de professeurs de français auprès de trois ou quatre camarades. Ce qui donne un résultat hybride, reconnaissable entre tous, mais qui s’avère fonctionnel. Héléna Maniakis, chercheuse en linguistique[54], a consacré une thèse à ce qu’elle appelle le « légiolecte »[55] : « Définir et étudier le français de la Légion étrangère »[56].
Origine des légionnaires
Ci-contre, un tableau montre les effectifs de la Légion ; il a été réalisé en 1963 et établit l’origine nationale de plus de 600 000 légionnaires ayant servi de 1831 à 1961. À certains moments, les nationalités d’origine de la Légion étrangère ont été en corrélation avec les événements en cours. La Légion permettait aux laissés-pour-compte d’une guerre ou d’un régime d’échapper à de nombreux problèmes. C’est pourquoi on voit sur ce tableau une forte majorité d’Allemands, recrutés après les deux guerres mondiales. Une évolution se dessine ces dernières années : environ 1 000 recrues sont engagées par an, un quart du recrutement s’effectuant dans l’Europe de l’Est, les Français ne représentant que 10 % à 15 % et les francophones entre 20 et 25 %[57].
Recrutement
L’engagement initial d’un légionnaire est un contrat de cinq ans : obligatoirement sous statut de « célibataire », il ne peut disposer d’un véhicule personnel ni louer un appartement en son nom[58].
Un site officiel de recrutement[59] a été mis en place et précise les conditions de recrutement au sein de la Légion étrangère. Les limites d’âge vont de 17 ans et demi (avec autorisation parentale) à 39 ans et demi[60]. Un candidat français peut postuler à la Légion étrangère en se déclarant d’une nationalité étrangère lors de son engagement[61].
Un effort considérable, entrepris fin 2015, développe le recrutement de la Légion ; c’est ainsi que 1 700 légionnaires sont recrutés en 2016 et 1 300 en 2017. Cet effort se poursuit jusqu’en 2018 où les effectifs n’ont jamais été aussi importants depuis 1962. En 2016, chacun des régiments a été augmenté d’une Unité Élémentaire (Compagnie ou Escadron) et la 13e DBLE s’est restructurée pour atteindre un effectif de 1 200 hommes. Ce régiment est le premier à être doté du nouveau fusil d’assaut HK416, remplaçant du FAMAS[62].
Statut des légionnaires
Le statut des militaires servant à titre étranger est régi par le décret du [63]. Ce dernier vient abroger le précédent décret (no 77-789 du ). La Légion étrangère forme elle-même ses parachutistes.
Depuis la création de la Légion étrangère en 1831, les recrues pouvaient être engagées sous « identité déclarée », identité d’emprunt leur garantissant l’anonymat. Cette mesure, qui « permettait de recruter les personnes rapidement sans avoir à vérifier leur identité et accordait ainsi à certains une seconde chance », était devenue systématique. Elle privait les légionnaires de nombreux droits (souscription d’un emprunt, droit de vote, de reconnaissance d’un mariage, d’un enfant, droit d’héritage). Depuis , cette disposition n’est plus obligatoire mais optionnelle, la majorité des recrues étant désormais engagées sous identité réelle[64].
Femmes dans la Légion
La Légion étrangère, contrairement à d’autres corps de l’Armée française au recrutement exclusivement masculin[65], ne bénéficie d’aucune disposition statutaire interdisant le recrutement des femmes. Néanmoins, et compte tenu du fort taux de sélection à l’engagement (les recrues sont sélectionnées après trois semaines de tests et environ un candidat sur six a été engagé en 2006, un sur dix en 2012), celle-ci ne recrute, comme légionnaires, que des hommes. À noter toutefois qu’une femme britannique, Susan Travers, fut immatriculée à la Légion étrangère durant la Seconde Guerre mondiale.
En revanche, un nombre variable d’officiers et de sous-officiers féminins servent en son sein[66], en tant que « cadres du régime général affectés à la Légion ». Si ces femmes portent le béret de l’Institution, elles n’en portent pas les attributs de tradition (képi blanc, épaulettes rouges et vertes, ceinture bleue), au même titre d’ailleurs que leurs homologues masculins du régime général, plus nombreux, qui servent dans les rangs de la Légion étrangère.
Galerie d’images
Tableau chronologique, résumé non exhaustif, par photos et sujets divers (dates et événements).
XIXe siècle – XXe siècle
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Une compagnie de la 2e légion sur le Champ-de-Mars à Paris (1836).
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La prise de Constantine 1837 par Horace Vernet.
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Uniforme de la Légion étrangère (1852).
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Lucien Lapeyre, caporal de la Légion étrangère française (1858).
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Grenadier, sergent du 1er régiment de la Légion étrangère (1858).
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Luigi Wolff (en) (1861).
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Médaille de Expédition du Mexique (1861 – 1867).
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Tenue de Légionnaire lors de la campagne du Mexique (1863).
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Combat de Lang-Kep (1884).
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Le lieutenant Goeury de la Légion étrangère, qui fut blessé le à Yu Oc.
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Capture de Lạng Sơn par l’armée française en , sous le commandement du général Oscar de Négrier lors de la Guerre franco-chinoise.
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Siège de Tuyên Quang (1885) par Hippolyte Charlemagne.
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Attaque française du Fort Bamboo, Keelung, le .
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Evacuation de Keelung, le .
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Le 2e lieutenant René Normand du 111e bataillon tué à Bang Bo, le .
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Citadelle et garnison de La Légion, en 1887 à Sidi Bel Abbès.
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Siège de Tuyên Quang, Photo d’officiers du .
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La « une » du Pèlerin en date du .
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Le capitaine Henri Mordacq gagne le championnat d’épée des officiers de France (1906).
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Membres du Corps volontaire suédois au sein de la Légion étrangère française. Nils Persson (avec la mitrailleuse), Edgard Meissner, Elow Nilson, Olof Bremer et Ivan Lönnberg (1908).
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Un groupe d’officiers italiens du régiment étranger de la Légion étrangère, au centre avec la badine, le lieutenant colonel Peppino Garibaldi, le .
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Américains dans la Légion étrangère, montrant un type de grenades à main (1916).
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Lors de la Bataille des Dardanelles, campagne de Gallipoli ( – ). Des hommes de la Légion étrangère française et Zouaves français vus dans le camp de Sedd el Bahr.
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Le général Henri Mordacq lors de la refonte de la Légion étrangère (1919).
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Au Maroc, la Légion étrangère à l’enterrement d’un camarade (années 1920).
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Au Maroc, la Légion étrangère parmi les autochtones (années 1920).
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Au Maroc, Légionnaires en marche. Deux hommes ont un âne à monter et se l’échange toutes les heures (années 1920).
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Au Maroc, Noël dans la Légion étrangère et répartition des dons aux Légionnaires (années 1920).
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Susan Travers, est une militaire britannique, seule femme immatriculée à la Légion étrangère. Faits d’armes : Bataille de Bir Hakeim et Guerre d’Indochine. Distinctions : Chevalier de la Légion d’honneur, croix de guerre 1939-1945, médaille militaire.
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Emblème du 4e régiment étranger, (1937).
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Site Légion étrangère : Entrée du Fort de Nogent à Fontenay-sous-Bois.
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Le monument aux morts de la Légion étrangère à Sidi Bel Abbès.
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Monument aux morts des légionnaires parachutistes. Devise More Majorum (À la manière des ancêtres), avant le transfert du monument d’Algérie en Corse.
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Zinovi Pechkoff, le héros de la Légion étrangère. En Afrique du Nord, commandant 3e bataillon du 2e régiment étranger d’infanterie, (1940).
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Troupe française Bataille de Narvik, .
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Un légionnaire de la 1re Brigade française libre étanche sa soif dans le désert, .
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Insigne de la 1re DFL, commandant Raoul Magrin-Vernerey, .
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Le sous-lieutenant Bévalot du 3e REI à Phu Tong Hoa, .
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Insigne du bataillon de Corée (156e RI), commandant général de corps d’armée Raoul Magrin-Vernerey (officiellement comme lieutenant-colonel), (1950).
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Bataille de la RC 4, participation : 1er BEP, III/3e REI, .
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La 13e demi-brigade de Légion étrangère parade en Algérie (vers 1958).
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Colonel Paul Arnaud de Foïard, .
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Sapeur de la Légion en 1970.
XXIe siècle
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Drapeaux des 1er et 2e régiments étrangers, Paris (2003).
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Des tireurs d’élite du 2e REI avec un FR-F2 (celui du haut) et un PGM Hécate II (celui du bas), Afghanistan (2005).
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Concert de la Musique de la Légion étrangère à Aubagne (collection de Davric), (2005).
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Défilé des pionniers lors de la cérémonie de Camerone en 2006 au quartier capitaine Danjou à Aubagne (fr).
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Cérémonie commémorative du combat de Camerone à Aubagne, (2007).
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Légionnaires français attendant pour embarquer sur un C-160 Transall, base de Djibouti.
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Gardes au drapeau du 3e REI (à gauche) du 4e RE (au centre) et du 2e REP (à droite) lors du défilé du 14 juillet 2013 sur l’Avenue des Champs-Élysées à Paris.
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Légionnaires français lors d’un exercice bilatéral avec l’US Marine Corps. Camps des Garrigues, .
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Parachutistes du 2e REP, se préparant à sauter d’un C-130H Hercules, le .
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Entrée principale du centre de recrutement de la Légion étrangère française à Aubagne, .
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Piste au Centre d’entraînement en forêt équatoriale du 3e Régiment étranger d’infanterie (Guyane – France).
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Progression en forêt au 3e régiment étranger d’infanterie à Kourou en Guyane (France).
Sigles et abréviations
Cette liste des abréviations est non exhaustive et par ordre alphabétique des termes militaires[67].
- ACAH (mines) : antichar à action horizontale
- ACP : antichar courte portée
- ALAT : Aviation légère de l’Armée de terre
- AOR : aire opérationnelle de responsabilité
- BATINF : bataillon d’infanterie
- BB : brigade blindée
- BLB : brigade légère blindée
- BP : brigade parachutiste
- CDG : chef de groupe
- CDU : commandant d’unité
- CEMAT : chef d’état-major de l’Armée de terre
- COMOPS : communication opérationnelle
- COS : Commandement des opérations spéciales
- DLB : division légère blindée
- DP : division parachutiste
- EEI : engin explosif improvisé (ou IED)
- EMAT : état-major de l’Armée de terre
- EMT : état-major tactique
- ENB : engin blindé du génie
- FAR : Force d’action rapide
- GTIA: groupement tactique interarmes
- IFOR : implementation force
- ISAF : International security assistance force (ou FIAS)
- LRAC : lance-roquettes antichars
- MCP : mise en condition avant projection
- MINEX : mines explosives
- NRBC : nucléaire, radiologique, bactériologique et chimique
- OPEX : opération extérieure
- PC : poste de commandement
- QG : quartier général
- REG : régiment étranger de génie
- REI : régiment étranger d’infanterie
- REP : régiment étranger parachutiste
- RPG : rocket-propelled grenade (lance-roquettes)
- SOUVIM : système d’ouverture d’itinéraire miné
- TFLF : task-force Lafayette
- TP : tireur de précision
- UCL : unité de commandement et de logistique
- VAB : véhicule de l’avant blindé
- VAC : véhicule articulé chenillé (ou VHM)
- VB2L : véhicule blindé léger long
- VBCI : véhicule blindé de combat de l’infanterie
- VBL : véhicule blindé léger
- VLRA : véhicule léger de reconnaissance et d’appui
- ZPH : zone de poser d’hélicoptères